Quand une population refuse d’être asservie…
0
Difficile de ne pas éprouver une joie allègre et mauvaise à la fois, en voyant les déboires infligés à l’armée d’invasion russe en Ukraine. Issu du monde télévisé, Volodymyr ZELENSKI avait paru ne pas prendre au sérieux les menaces d’invasion de son pays avant l’agression barbare de février, mais il a su convertir son intelligence, son énergie et son humour pour galvaniser la population ukrainienne, aux premiers jours de l’Occupation. Sa réplique aux Américains proposant de l’exfiltrer – J’ai besoin d’armes, pas d’un taxi – était digne du To be or not to be, de Lubitsh, où une troupe de comédiens juifs parvient à leurrer l’envahisseur nazi au service de la résistance. Son discours d’avant-hier, pour célébrer la reconquête de milliers de km2 dans l’oblast de KHARKIV, a semblé digne des tragédies de Shakespeare, sinon des proclamations de Toussaint Louverture, le héros national haitien. En s’adressant directement aux Russes, l’ex stand-up comic a prouvé que la fragilité pouvait être plus intelligente que la force et payante que la brutalité (viols, pillages, bombardements aveugles) de la soldatesque russe :
« Pensez-vous toujours que nous ne sommes « qu’un seul peuple » ?
Pensez-vous encore que vous pouvez nous effrayer, nous briser, nous persuader de faire des concessions ? Vous ne comprenez donc vraiment rien ? Vous ne comprenez donc pas qui nous sommes ? Ce que nous défendons ? De quoi il s’agit pour nous ?
Lisez sur mes lèvres : Sans gaz ou sans vous ? Sans vous.
Sans électricité ou sans vous ? Sans vous.
Sans eau ou sans vous ? Sans vous.
Sans nourriture ou sans vous ? Sans vous.
Parce que pour nous le froid, la faim, l’obscurité et la soif ne sont pas aussi terribles et mortels pour nous que votre « amitié et fraternité ». »
Voici un siècle que PROUST a posé la plume…
0
Pour le centenaire de la mort de PROUST, Luc FRAISSE, le directeur de la Revue d’Etudes proustiennes et les Editions Classiques GARNIER ont soumis une
vingtaine d’écrivains à une questionnaire fouillé. Comment ont-ils découvert La Recherche, quelle influence a-t-Elle exercée sur eux, en quoi le temps a-t-il modifié leur lecture? Ce sont d’innombrables pistes qu’ouvrent ces interrogations, auxquelles Claude ARNAUD a répondu de façon concise.
(Proust à 15 ans par Nadar)
Pour découvrir le sommaire de ce recueil, à paraître ce 14 septembre…
Pour commander cet ouvrage…
Pour lire l’entame de ce questionnaire Proust…
« Commencements », par Catherine MILLET
0
Ce jeudi 8 septembre 2022, LE POINT, dans son numéro 2613, a publié un article de Claude ARNAUD sur Commencements, la remarquable autobiographie de Catherine MILLET, publiée aux éditions Flammarion, un livre en lice pour le prix Décembre 2022 après l’avoir été pour le prix Le Monde.
Pour découvrir l’amorce de cet article…
Pour le lire in extenso…
Sur la rentrée littéraire 2022
0
LE POINT, dans son numéro 2612 daté du 1° septembre 2022, a publié deux
articles de Claude ARNAUD sur des romans de la rentrée. Le premier, sur Quand l’arbre tombe, d’Oriane JEANCOURT-GALIGNANI (Grasset),p.1, et p.2, le second, sur L’Inventeur de Miguel Bonnefoy (Rivages).
La première sélection du prix DECEMBRE 2022
0Présidé par Chloé DELEAUME et constitué de Laure ADLER, Claude ARNAUD,
Maxime CATROUX, Charles DANTZIG, Christophe HONORE, Oriane JEANCOURT-GALIGNIANI, Patricia MARTIN, Amélie NOTHOMB et Arnaud VIVIANT, le jury du prix DECEMBRE a publié le 1° septembre 2022 sa première sélection :
- Le Doute de Basile Panurgias (Robert-Laffont)
- Vivre vite de Brigitte Giraud (Flammarion)
- Commencements de Catherine Millet (Flammarion)
- Le tumulte de Sélim Nassib (L’Olivier)
- Paris des plongeurs de Pacôme Thiellement (Le Seuil)
- Quand tu écouteras cette chanson de Lola Lafon (Stock)
- Les gens de Bilbao naissent où ils veulent de Maria Larrea (Grasset)
- Les enfants endormis d’Anthony Passeron (Globe)
- L’inconduite d’Emma Becker (Albin Michel)
- L’inclinaison de Corentin Durand (Gallimard)
Doté de 15 000 euros par la Fondation, le prix DECEMBRE sera proclamé le 26 octobre à la Fondation Pierre Bergé-Yves Saint-Laurent. Pour lire un premier commentaire sur cette sélection de 10 titres…
Dans la rentrée littéraire 2022: Emma BECKER
0
Dans son numéro 2611 daté du 25 août 2022, LE POINT a publié un article de Claude ARNAUD
intitulé « Rencontres à l’horizontale » dédié au dernier roman de Emma BECKER, L’inconduite, (Albin Michel). Pour découvrir l’amorce de ce « papier »… Et son texte intégral…
(Ph. M.
Pourquoi Dieu n’est qu’un faux-nez dans l’assassinat manqué de Salman RUSHDIE
0
Le partisan zélé du régime clérical iranien qui a tenté d’assassiner Salman RUSHDIE, alors qu’il

Hadi Matar, 24 ans, l’auteur présumé de l’attaque au couteau contre Salman RUSHDIE. (AP Photo/Gene J. Puskar)
participait à une rencontre dans l’Etat de New York, ce 12 août 2022, en est une nouvelle preuve : la religion n’est qu’un prétexte dans l’affaire des Versets sataniques (1989), le roman qui a valu à l’écrivain d’origine indienne de vivre plus de dix ans durant sous haute protection policière, en changeant sans cesse de domicile. La copieuse récompense promise alors par l’ayatollah Khomeiny à qui attenterait à sa vie ou à celle de ses éditeurs, portée en 2012 à 3,3 millions de dollars, n’était pas destinée à contrer le « propos » d’un roman évoquant l’existence des versets que le Diable aurait soufflé au Prophète dans un moment de faiblesse, par ailleurs largement attesté, mais à imposer l’Iran, au sortir de l’épuisante guerre que l’Irak de Saddam Hussein lui avait imposée, comme le leader spirituel du monde musulman – une opération qui atteignit son but, jusqu’au réveil islamiste d’une partie de l’Islam sunnite. De même aujourd’hui, ce n’est pas le contenu du roman de Rushdie qui est visé – l’assassin a reconnu n’en avoir lu que quelques pages et son geste, à rebours de ses intentions, en a relancé spectaculairement les ventes –, mais bien l’accord sur le nucléaire iranien que Téhéran et les USA pourraient à nouveau signer, au
grand dam des ultras du régime bigot chiite, qui multiplient dès lors les menaces physiques contre des personnalités politiques vivant sur le sol américain. Dieu, dont le seul génie attesté aura toujours été de ne jamais rien dire et de ne surtout pas se manifester, n’est à nouveau qu’un faux-nez, un Pinocchio barbu que des ventriloques de tout bord s’appliquent depuis toujours à faire parler, pour notre malheur. Ayant montré son humour à peine avait-il recouvré ses esprits, RUSHDIE a quelque chose à dire, lui : son relativisme ironique semble plus vivable que les certitudes des faux prophètes au regard de tueur.
Un entretien avec Claude ARNAUD dans QUI
0
Dans son numéro 4, daté de l’été 2021, la magazine quadrimensuel corse QUI a publié un entretien avec Claude ARNAUD mené par Marie-France BERENI-CANAZZI autour de l’identité corse et de la littérature. Pour découvrir cette interview: Page 1. Page 2. Page 3. Page 4. Page 5. Page 6. Page 7. Page 8. Page 9
Pour découvrir le sommaire de ce numéro de QUI…
La mort du grand Pietro CITATI
0Le grand essayiste italien Pietro CITATI est mort, ce 28 juillet 2022, dans sa résidence toscane. Claude ARNAUD lui rend hommage sur le site du POINT en ces termes: » C’est un grand essayiste, un vrai Européen et un incroyable érudit qui vient de mourir en Toscane à 92 ans. Né à Florence en 1930 dans une famille de la noblesse sicilienne, Pietro CITATI aura dédié sa vie aux auteurs les plus marquants de notre culture – Tolstoï, Kafka, Goethe, Proust, Leopardi, Baudelaire, Manzoni. Non seulement il s’emparait de leur vie, dans ce qu’il se refusait à appeler des biographies, mais il revivait leurs tourments, s’immisçait dans leur conscience, réécrivait à sa façon leurs livres, devenait littéralement eux, des années durant.
Étrangère aux critères universitaires, l’érudition de CITATI était gourmande et joyeuse. D’emblée, elle captait l’attention par sa suavité – il n’a pas consacré par hasard un essai à La voix de Shéhérazade. On croyait entendre la sienne en le lisant, tant sa langue était apte à saisir, par son exceptionnelle fluidité, les allers et retours d’une conscience et les aléas d’une vie. Nourri d’une mythologie qui reste vivante en Italie, CITATI aimait plus que tout les métamorphoses des héros qu’il ressuscitait, qu’ils soient réels (Alexandre le Grand), fictifs (Ulysse dans La Pensée chatoyante) ou divins (La Lumière de la nuit). Sereines, puissantes, lumineuses, ses idoles régnaient dans le ciel des Idées comme le Jupiter d’Ingres, tour à tour terrible et doux : « Il s’identifie toujours à des personnages qui s’identifient à leur tour à l’univers », disait de lui Italo Calvino.
Citati possédait les deux sexes de l’esprit
Mais CITATI était meilleur encore quand, délaissant le monde très masculin de la haute culture, il dressait ses Portraits de femmes. Alors, Virginia Woolf, Jane Austen, Thérèse d’Avila, Anna Maria Ortese et l’inoubliable Katherine Mansfield revivaient, dans la plénitude de leur intimité, avec la grâce explosive des fleurs de papier japonais – la folie n’était jamais loin chez ces génies. Jovial ici, vulnérable là, CITATI possédait les deux sexes de l’esprit, et cette capacité amphibie donnait à sa sensibilité littéraire une étendue océanique. Il n’y a qu’à lire Le Mal absolu, qu’il a consacré au roman anglais, français, russe ou américain du XIXe siècle, pour se hisser avec grâce au centre d’un salon céleste où Balzac, Poe, Dumas, Stevenson, Dostoïevski s’exprimeraient à tour de rôle dans leur langue, traduite avec une bienveillance exquise par le saint Pierre de ce paradis laïc, j’ai nommé Pietro CITATI.
Il put dire de Jan Potocki, l’auteur du Manuscrit trouvé à Saragosse, qu’il avait une imagination de critique, plus que de romancier : ce fut aussi son cas. Il signa pourtant un excellent roman, tiré des lettres passionnées qu’échangèrent ses arrière-grands-parents, Histoire qui fut heureuse, puis douloureuse et funeste. Tout comme il sut faire le roman vrai des Fitzgerald, ce couple tiraillé entre fiction et folie, dans La Mort du papillon. Quarante ans durant, CITATI fut encore un critique aigu et redouté. D’abord à la revue Il Punto, sur les traces de Pasolini, puis à Il Giorno, au Corriere della Sera et à La Repubblica. Il dirigea une collection de classiques grecs et romains à la Fondazione Lorenzo Valla et reçut les grands prix italiens (Viareggio, Strega), avant celui de la latinité à l’Académie française. Enfin, le « roi » de l’île caribéenne de la Redonda, Javier Marias, le fit duc de Remonstranza en 2002.
La prose de CITATI aurait donné envie de lire à un mort, tout y était plus que vivant. Pourvu qu’il trouve là où il est une vaste bibliothèque qui lui permette, comme le Pierre Ménard de Borges, de continuer de réécrire les chefs-d’œuvre du passé et que l’y attende, jovial lui aussi, son ami Federico Fellini, à qui il dédia sa vie de Proust, La Colombe poignardée.
Pour découvrir cet article en ligne…
Pour lire l’interview que Pietro CITATI avait accordée à Claude ARNAUD a à l’occasion de la sortie de ses Portraits de femmes, en 2001. page 1… page 2… page 3… page 4…
Pour retrouver l’article que Claude ARNAUD avait consacré en 2009 au Mal absolu, l’essai de CITATI.



Commentaires récents