Une messe a été dite, en l’église NOTRE-DAME-DES-CHAMPS de Paris, le lundi 3 mai, pour saluer la mémoire lumineuse de Marie-Françoise LECLERE, qu’un cancer foudroyant vient d’emporter. Elle a été l’occasion de lui dire, sans qu’elle puisse protester, toute l’affection et la gratitude qu’on avait pour celle qui dirigea pendant trente ans les pages culturelles de l’hebdomadaire LE POINT, avec un mélange d’autorité, de précision et de tendresse qui transformait les relations professionnelles en autant d’occasions de complicité. Née en 1942, Marie-Françoise avait commencé sa carrière à ELLE, sous la houlette des LAZAREFF, avant d’entrer en 1979 au POINT aux côté de son ami Claude IMBERT, éditorialiste d’exception. Elle avait été la co-scénariste des MOTS POUR LE DIRE, le film de José PINHEIRO interprétée par Nicole GARCIA, aux côté de Suso CECCHI d’AMICO, la collaboratrice de LUCHINO VISCONTI. Elle avait  accompagné, affectivement et littérairement, le grand Lucien BODARD pendant le dernier tiers de sa trajectoire romanesque et avait signé Une vie pour le cinéma (éditions Grasset) un livre remarquable retraçant les aventures cinématographiques de son ami Jean-Jacques ANNAUD.

En plus d’être une grande lectrice – “Kill your darlings“, répétait-elle à ses “plumes” du Point (Marc LAMBRON, Michel SCHNEIDER,  Manuel CARCASSONNE, Christophe ONO-DIT-BIOT, l’auteur de ses lignes...), en reprenant l’injonction de FAULKNER, Marie-Françoise LECLERE était la personne la plus généreuse, la plus attentive, la plus curieuse qu’on puisse rencontrer.  Pour suivre à distance cette messe, dite en présence d’une foule nombreuse et émue