Dans son numéro 2249, daté du jeudi 15 octobre 2015, LE POINT a publié un article de Claude ARNAUD intitulé « Requiem pour les héros manqués » et consacré à « Génération perdue » (Le Seuil), un essai de Maurizio SERRA sur ces écrivains qui se rêvèrent en héros, dans les années 30, et ne trouvèrent souvent que la mort ou l’exil.  » L’histoire manque de nuance. Elle transforme les vainqueurs en héros et les vaincus en vilains, repeint en rose et noir une réalité souvent grise, et même en se «révisant» reste daltonienne. Remarqué pour ses biographies de Malaparte et d’Italo Svevo, après son livre fondateur sur Les Frères séparés (Aragon, Drieu, Malraux) Maurizio SERRA persiste à récrire notre entre-deux-guerres sans juger ni moraliser – il préfère les chemins de contrebandier aux guichets de douane.  Il cherche ici à isoler les ressorts esthétiques communs à des écrivains aussi éloignés idéologiquement que Crevel et Montherlant, Klaus Mann et W.H. Auden, mais tout aussi impatients de redessiner une réalité trop médiocre pour eux. Fascinés par l’action, ils rêvent d’acquérir l’aura entourant leurs aînés qui  s’illustrèrent durant les combats de la première guerre, de Lawrence d’Arabie à D’Annunzio. Attirés par le communisme aussi bien que par le fascisme, ils brûlent de quitter leur donjon pour lancer des mots aussi efficaces que des balles… »