Les deux discours que l‘autocrate russe a tenu hier, 31 septembre, devant les représentants de l’élite

 (Ph: Alexander NEMENOV / AFP)

du régime au Kremlin puis sur la place Rouge, pour célébrer le « rattachement » à la Russie des quatre provinces ukrainiennes (partiellement) conquises par la force en violation des règles internationales, marque l’apothéose d’une stratégie reposant sur la surexploitation d’un nationalisme vengeur. En parlant du génocide que l’Etat ukrainien « nazi » aurait mené dans ces quatre oblats contre ses sujets russophones, puis de la volonté supposée de l' »Occident collectif » de réduire le peuple russe en esclavage pour mieux piller ses ressources et démanteler sa Fédération, il le gave de  bobards destinés à exalter son nationalisme. Agissant avec lui comme avec ses sportifs, il le dope pour obtenir des résultats comparables à ceux des Jeux Olympiques de Sotchi, largement acquis à coup de produits illicites (43 médaillés disqualifiés). A l’enthousiasme patriotique qui  salua le déclenchement de la guerre-éclair censé faire revenir Kiev dans la corbeille de son vieux mari russe (Tu vas passé un mauvais quart d’heure, ma belle, avait-il prévenu  peu de jour avant l’invasion), succède ce qui ressemble par endroits à une débandade. Alors que la mobilisation partielle décrétée il y a dix jours devait assurer 300.000 soldats supplémentaires aux troupes du Kremlin, c’est à peu près le même nombre de Russes, souvent qualifiés, qui ont fui la conscription en franchissant les frontières, selon le FSB lui-même, et qui s’ajoutent aux 200.000 partis dès les premiers jours de l’offensive, en mars. Ce nationalisme opérant uniquement en cas de victoire trahit donc bien son statut de produit dopant, une hypothèse que confirme le visage de l’autocrate lors de son discours concert sur la place Rouge, brutalement ravivé par ses victoires auto-déclarées et rajeuni, tel celui de Madonna, par ce qui ressemble bien à une nouvelle injection de botox. Du Novitchok pour éliminer ses opposants, des hormones de croissance pour faire gagner ses champions, du botox pour garantir le caractère « éternel » du retour dans le lit conjugal russe de la « fiancée » ukrainienne violée, Poutine est bien le chef de l’ex-cabinet des poisons soviétiques revisité.

Les résultats dans le monde réel sont moins grisants. Le ministère de la défense russe vient d’annoncer que les troupes alliées avaient été retirées de Lyman vers des lignes plus favorables,  charmant euphémisme qui pourrait traduire encore l’absorption de substances. Tout comme certains officiels russes sportifs n’hésitaient pas à se faire payer jusqu’à 500.000 euros pour épargner à leurs sportifs les tests anti-dopages, il est probable que les officiels de l’armée ont déjà commencé à recevoir les « oboles » des fils de la Nomeklatura décidés à laisser aux Bouriates, aux Daghestanais et autres Tchernïe (les Noirs, c’est-dire la Caucasiens) le soin de bourrer les canons de Poutine. (A voir sur Tweeter, la chute de Lyman)

De fausse victoires en vraies déroutes, Poutine n’a plus comme ressource que de dénoncer à son peuple le satanisme supposé de l’Occident, pour mieux l’enserrer entre le sabre de son armée et le goupillon de son clergé, aussi corrompus l’un que l’autreCap au pire, aurait dit Beckett.