Archives pour mai, 2020

Gemma SALEM est morte…

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Née à Antioche (Turquie) en 1943, GEMMA SALEM vient de mourir à VIENNE (Autriche) à 76 ans. Un tempérament de feu, une plume alerte, aussi tendre que cruelle, une foi totale mais en partie désespérée en la littérature, un gout indéniable pour les complications qui ne lui rendit pas la vie facile, cet esprit libre avait été élevée dans les écoles chrétiennes francophones du Proche Orient. Partant vivre en Europe au début des années 60, tout à tout danseuse, secrétaire et actrice, GEMMA SALEM avait consacré de nombreux livres à retracer son itinéraire amoureux et culturel plus que libre, à son entourage extraordinairement varié (Mes amis et autres ennemis, Paris, Zulma, 1995), et à ses héros littéraires et musicaux (BOULGAKOV, SCHUBERT, DURELL). Ce n’étais pas toujours confortable d’être le sujet de son amitié ou l’objet de son admiration, l’auteur de ces lignes peut en témoigner, mais l’intensité était sa loi. La grande affaire de sa vie aura été sa passion pour Thomas BERNHARDT, qu’elle vénérait en toute lucidité. Abandonnant compagnon et enfants, elle partit vivre en 1990 à VIENNE pour se rapprocher de cet inaccessible qui ne recevait personne, et n’eut de relation accomplie avec aucune femme, à une ou deux exceptions près. La mort de son idole ne mit pas fin à ce culte; GEMMA SALEM put d’autant mieux venir visiter BERNHARDT au cimetière et parler avec lui. Cette passion fit naître de nombreux livres (Lettre à l’hermite autrichien, Paris, La Table Ronde, 1989L’Artiste, Paris, la Table Ronde, 1991Thomas Bernhard et les siens, Paris, La Table Ronde, 1993, Où sont ceux que ton cœur aime, Paris, Arléa, 2019), autant de témoignage de cette passion amoureuse digne des LETTRES de la RELIGIEUSE PORTUGAISE ou de celles de Julie de LESPINASSE.

Sur Les Années folles…

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Le Nouveau Magazine Littéraire, dans son numéro 28 sorti le 22 avril 20020 consacré aux « ANNEES FOLLES » a publié un article de CLAUDE ARNAUD consacré à la littérature des Années 20 qui, de JOYCE à DOS PASSOS et de JULES ROMAINS à ANDRE BIELY, sut entrer dans l’ère des foules et faire exploser les limites du Moi. Pour lire l’amorce de cet article… Pour découvrir le sommaire de ce numéro

Claude NABOKOFF n’est plus…

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CLAUDE NABOKOFF n’ouvrira plus ses portes aux innombrables amis – écrivains, éditeurs, traducteurs, essayistes, mémorialistes, critiques d’art, conservateurs - qui eurent pendant 40 ans le privilège d’être reçus, dans sa maison familiale de la place DAUPHINE, par elle et par IVAN son mari, magnifique éditeur en charge pendant trente ans de la collection « Feux Croisés » chez Plon.  Décédée le 22 avril 2020, dans sa 91e année, Claude NABOKOFF était la fille de Louis JOXE, ministre du général de GAULLE et principal négociateur des accords d’EVIAN qui accompagnèrent l’indépendance de L’ALGERIE. Elle était aussi, par sa mère, la petite-fille de Daniel HALEVY, l’ami de PROUST, le biographe de NIETZSCHE et l’éditeur des CAHIERS VERTS, chez Grasset, qui reçut dans ce même salon MALAPARTE, MALRAUX et tant d’écrivains majeurs du XX°siècle. On pouvait croiser chez eux, avec autant de simplicité et de naturel que si l’on était « à la maison »,  Salman RUSHDIE, Toni MORRISON, Donna TARTT, Edmund WHITE, James LORD, tous publiés par « Feux croisées », mais aussi les éditeurs Christian et Dominique BOURGOIS, Georges LIEBERT et Françoise CACHIN, la directrice du musée d’Orsay, ainsi qu’Anne de LACRETELLE, la fondatrice du Prix SEVIGNE et Bernard MINORET, l’auteur des « Morot-Chandonneur«  (Cahiers rouges, Grasset). Elégante, curieuse, hospitalière, Claude NABOKOFF était la civilisation même, aussi accueillante pour l’étudiante japonaise venue faire des recherches à Paris que pour le dernier Prix Nobel de littérature édité par Ivan, lui-même fils du musicien Nicolas NABOKOFF et neveu de Vladimir, l’auteur de « Lolita »…

Qui fera le pont entre Paris et New-York désormais?  

 

 

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