Le Vide

vide.jpg C’est l’élément premier, le terreau translucide d’où surgit, par excès d’absence, la vie. Gagnant le corps quand il a faim, la conscience quand elle se retrouve isolée ou inadaptée, le VIDE peut y atteindre une telle densité qu’il en vient à former un noyau prompt à l’explosion : trop vite comblé, l’appétit tourne au dégoût ; vaincu à force de lectures, l’ennui tourne à l’angoisse; fatigué de se repaître, le narcissisme réclame l’amour. Le trop-plein pouvant seul apaiser la peur du VIDE – et réciproquement -, il n’y a pas trop de place, ici, pour la neutralité. L’on désire ou l’on rejette, adore ou exècre. Entre la boulimie et l’anorexie, guère de mi-chemin : un gouffre exige en permanence d’être comblé.

Des troubles psycho-digestifs qui poussent Paul NIEMANS, l’anti-héros du Caméléon, à faire une «cure de réalité» en Albanie, à l’avidité esthétique et humaine dont COCTEAU aura fait preuve toute sa vie, chacun est l’expression d’un manque fondateur qui tend à faire de lui un “aspirateur” du monde : la solitude qui encourage Madame du DEFFAND à s’intéresser à tout, dans les Salons, naît de l’effroi qui l’empêche de croire en rien.

Comme dans l’univers, il y a en chacun plus de VIDE que de plein.

>> Icônes

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