Les Salons : en France

« …Sur la scène du théâtre du Rond-Point, Madeleine RENAUD, sublime, elle aussi, comme son amie Marguerite DURAS, s’éloigne, devant nous, des rivages de la vie. Elle fait siens, corps et âme, les cris si douloureusement feutrés,  les écrits si merveilleusement français de Mme du Deffand. Elle nous entraîne dans son sillage, nous qui n’en sommes plus au désespoir de la jeunesse, et nous invite au détachement ». Claude MAURIAC, Le Matin de Paris, 4 décembre 1986.

« Mardi dernier, ce maudit rhum m’a empêché d’aller voir Le Balcon, de Jean GENET, à la Comédie-Frnaçaise. Je m’en suis consolé comme j’ai pu en lisant Les Salons de Bernard MINORET et Claude ARNAUD (chez J.-CL. Lattès avec une préface de Jean-Claude BONNET). Ce théâtre au lit m’a donné bien du plaisir et j’ai vu s’éloigner et se rapprocher d’une façon saisissant Mme du Deffand et Walpole, Julie de Lespinasse et Guibert. Une jolie façon de relire sans insister deux des plus superbes correspondances du XVIII° siècle ». Bernard FRANK, Le Monde, 25 décembre 1985.

« …Le principal attrait de ce livre, qui n’en manque pas, c’est qu’au-delà de l’exercice de style où s’exprime une culture d’une qualité parfaite, il apparaît comme une réflexion subtile, extrêmement profonde sur le divertissement, sur la vanité du monde. Alors le livre dépasse la simple évocation d’époque pour atteindre à une portée beaucoup plus générale… (dans ce) qui est à part entière, à l’évidence – et plus que dans beaucoup de livres qui paraissent ces temps-ci – un livre d’auteur ». Michel NURIDSANY, Le Figaro, 8 janvier 1986.

« Claude ARNAUD et Bernard MINORET, héros reconnus des salons contemporains, n’ont eu qu’à se pencher pour saisir les fils de cette version chantournée du chassé-croisé racinien. Ils l’ont fait avec grâce, dédaignant le commentaire, par essence superflu, et la réécriture, nécessairement lourde, pour se contenter d’un délicat travail de dentelle, isolant, découpant puis sertissant des bouts de lettres, des formules, des répliques et des bons mots; il en résulte un dialogue, une conversation supérieurs, à peine improbables. Ou encore, au choix, du montage eisensteinien, un phénomène d’intertextualité, un jeu de salon tout trouvé, du théâtre pour un fauteuil, une pièce tout court. » Patrick MAURIES, Libération, 12 février 1986.

« On imagine très bien, sur une scène de café-théâtre, ce montage, habile, de répliques authentiques dû à Bernard MINORET et Claude ARNAUD. Claude Michel CLUNY, L’Express, 14 février 1986.

« Bernard MINORET et Claude ARNAUD, s’inspirant de Diderot, ont composé avec les Salons des dialogues où chaque mot prononcé est authentique, et faire revivre les plaisirs exquis de la conversation, les déchirements de l’amour, la rivalité féroce entre deux femmes d’esprit (…) Comment, après avoir été si proches, (Mme du Deffand et Mlle de Lespinasse) en arrivèrent-elles là ? MINORET et ARNAUD démontent habilement leur complicité et les raisons qui y mirent fin ». Raphaël SORIN, Le Matin, 18 février 1986.

Interprétés par Madeleine RENAUD, Nicole COURCEL, Jacques FRANCOIS et Michel DUCHAUSSOY, mis en scène par Jean-Pierre GRANDVAL, les SALONS reçurent un accueil mitigé, lors de leur représentation au Théâtre du Rond-Point, sur les Champs-Elysées, durant la saison 1986-87.

Madeleine Renaud et Jacques François dans « Les Salons » (ph: Enguerrand)

« Bernard MINORET (auteur, notamment, de « La Fuite en Chine« , matière d’un spectacle du groupe TSE), et Claude ARNAUD ont choisi de travailler sur un principe de montage, à partir de textes authentiques. Cela donne un ton très particulier à la pièce, un ton qui métaphorise d’une certaine façon la manière XVIII° siècle, riche en oeuvres sophistiquées: romans par lettres ou dialogues trompeurs ». Armelle HELIOT, Le Quotidien de Paris, 14 novembre 1986.

« La mort habite tous ces fantômes, dont le langage vif et étincelant est comme une suprême coquetterie. Les derniers feux d’une vie où la conversation fut reine…Quelque chose de morne, et de presque funèbre, s’insinue dans ce divertissement…Seule Madeleine RENAUD, immobile, et qui donne aux yeux aveugles de Mme du Deffand une inoubliable nostalgie, nous touche par je ne sais quoi d’héroïque et de désespéré« . Pierre MARCABRU, Le Figaro, 21 novembre 1986.

« Madeleine RENAUD, impressionnante, donne à Mme du Deffand le relief caché de la mort. C’est elle qu’on regarde, et elle seule ». Le Point, 1er décembre 1986.

« Il y a beaucoup de notations psychologiques profondes dans ce spectacle construit sur des êtres de la réalité. Mais trop de méandres peut-être pour qu’on puisse être touché, concerné directement par les aventures bouleversantes pourtant ». Armelle HELIOT, Le Quotidien de Paris, 4 décembre 1986.

« Réduite à une voix qui hante les pénombres, Madeleine RENAUD bouleverse. Cette voix, la Voix, ce timbre ferme, chaud, modulé, où toutes lesnuances s’installent sans artifice, cette voix de la Grande Dame épouse les pensées d’une autre grande dame.. » François MENAGER, Les Petites Affiches, 9 janvier 1987.

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