Claude ARNAUD recommande le très beau livre que François JONQUET vient d’écrire en hommage à Valérie LANG, l’actrice décédée à 47 ans d’une tumeur du cerveau, en 2013 . Je veux brûler tout mon temps (Le Seuil) révèle, derrière la comédienne intense qui joua sous la direction de Stanislas NORDEY puis de Christine LETAILLEUR, et qui resta, pour beaucoup, une figure des années 80, époque où ses parents, Jack et Monique LANG, régnaient sur le ministère de la CULTURE, une sorte de mystique de l’amour, toute entière dédiée à des hommes qu’elle élisait, même quand ils ne la désiraient pas, surtout même quand ils ne se sentaient pas de l’aimer. Une sorte de Julie de LESPINASSE, cette épistolière du XVIII°siècle qui mourut d’amour pour un chevalier qui ne pensait qu’à l’éviter, l’équivalent moderne, dans une époque où (presque) chacun s’autorise (presque) tout, de cette Religieuse Portugaise qui, enclose dans son couvent, continue d’aimer en vain un homme qui ne lui répond pas, et dont GUILLERARGUES avait imaginé et écrit les lettres désespérées, au XVII° siècle. Un superbe tombeau, qui révèle non seulement un grand caractère, à la fois généreux, gâté et autodestructeur, mais tout une époque, celle de la Mitterrandie triomphante, qui paraît aujourd’hui aussi lointaine que la France des salons littéraires…