Le POINT, dans son numéro 2367 daté du 11 janvier 2018, publie un article de Claude ARNAUD sur le remarquable dernier livre de Jean ROLIN, Le traquet kurde (éditions POL): « Précision du coup d’œil et acuité de la plume, ROLIN lance ses trilles sur les décombres des empires coloniaux, conclue ce papier intitulé « Drôle d’oiseau« . Lui qui doit regretter que les services secrets français ne recrutent pas d’écrivains, au contraire des anglais, trouve là un fumier idéal pour ses rêveries, à l’instar d’un Patrick DEVILLE ou d’un COATALEM. Sa  chasse au traquet tourne au vagabondage enchanteur : c’est lui qu’on regarde butiner, avec une curiosité inlassable, les livres d’histoire et d’ornithologie. Le gazouillis se fait livre, la plume s’envole pour assouvir notre insatiable besoin d’aventure. » Pour lire l’amorce de cet article

C’est l’occasion de saluer, chapeau bas, Paul OTCHAKOVSKY-LAURENS, qui vient de mourir à  73 ans, dans un accident de voiture sur l’île de Marie-Galante, et qui aura, chez Flammarion et chez Hachette, puis à la tête des éditions POL, fondées en 1983, publié quelques-uns des auteurs marquants de ces dernières décennies, d’Emmanuel CARRERE à Jean ROLIN précisément, et de Camille LAURENS à Patrick LAPEYRE  en passant par Olivier CADIOT ou Santiago AMIGORENA,. Il avait aussi fait connaître, ou contribué à le faire, Richard MILLET et Renaud CAMUS, qui lui auront donné leurs meilleures livres, avant que leurs croisades idéologiques ne les séparent. Dans un film récemment sorti, Editeur, et vu ces derniers jours au cinéma Galande, à Paris, POL racontait comment il pratiquait ce « métier », en rendant hommage à ceux qui l’avaient précédé , dont Roland CAYROL, lequel disait éprouver autant de curiosité, en ouvrant un manuscrit, qu’en entrevoyant la vie de l’occupant d’un appartement en rez-de-chaussée: c’est cette curiosité diabolique et ce dévouement intégral aux auteurs qui va manquer à la littérature.

Pour lire le témoignage de Jean ROLIN, recueilli par Christophe ONO-DIT-BIOT pour LE POINT

Pour lire celui de S. Amigorena